Pourquoi je suis végétalienne

J’anticipe toujours la réaction des gens avant de répondre à cette question.  J’essaie de  peser mes mots et de m’assurer de ne pas sonner trop moralisatrice parce que je sais que bien des gens ont une certaine réticence face à ce mode de vie.  Je vous dirais d’ailleurs que la chose que je trouve la plus difficile dans le fait d’être végétalienne, c’est les jugements.   Je n’ai jamais autant eu besoin de justifier mes choix que durant les derniers mois.

Je peux comprendre qu’à première vue, ce mode d’alimentation semble intense.  Si vous m’aviez dit il y a un an que j’allais devenir végétalienne,  je ne l’aurais même pas crû.  Alors je vais tenter de vous résumer les raisons pour lesquelles je suis devenue végétalienne.

L’élément déclancheur: Les migraines

Depuis que je suis jeune, je souffre de migraines sur une base quotidienne.  J’ai essayé à peu près tout ce qui existe pour tenter de régler la situation, mais sans résultats.  On m’a prescrit des médicaments puissants, j’ai été voir un chiropraticien, un ostéopathe, un acupuncteur, j’ai supprimé l’alcool, les sulfites, certains agents de conservation… Certains gestes m’ont aidée un peu, mais sans réels changements permanents.

Il y a un peu plus de 9 mois, une personne de mon entourage m’a parlé de son changement d’alimentation et des effets positifs que ça avait eu sur sa santé.  Je me suis mise à  m’informer sur le possible lien entre la consommation de produits laitiers et de viandes et certains troubles de santé. À ma grande surprise, j’ai trouvé beaucoup d’informations et d’études pertinentes qui relient notre alimentation omnivore aux migraines.  J’ai donc décidé de faire le test et de passer deux semaines sur une alimentation strictement végétalienne.  J’étais loin de me douter de ce qui allait suivre..

Le défi: 2 semaines sans viande ni produits laitiers

Avant de commencer mon défi, j’ai fouillé sur le net, je me suis abonnée à quelques pages de recettes véganes et je me suis créé un menu plutot simple.

3 jours passent et ma migraine s’en va tranquillement.  Probablement un hasard, mais ça me donne une petite lueur d’espoir.

Une semaine de complété et je n’ai pas de migraines depuis 4 jours.  Je me sens bien, je dors comme un bébé et j’ai beaucoup d’énergie dans le jour.  À ce stade, je commence à voir des effets réellement positifs.  Ça me donne la motivation pour poursuivre une deuxième semaine.

La deuxième semaine se termine.  Je n’ai pas eu de migraine de la semaine. Même pas de petit mal de tête…

C’était un miracle pour moi!  En voyant l’effet positif que ça avait sur mon corps, l’alimentation végétalienne a commencé à m’intriguer davantage et j’ai poursuivi le défi.

Prise de conscience

J’ai toujours été une grande amoureuse des animaux.  Sur un des blog de recettes que je suivais, une personne parlait des documentaires qui l’ont marquée.   Par curiosité, j’ai été sur Netflix et j’ai regardé   <<What the healt>>.   Ça a été mon premier documentaire végane et ça m’a donné une grosse claque en plein visage.

La même semaine, j’ai regardé <<Cowspiracy>> et   <<Forks over knifes>>.  Et je suis officiellement devenue végétalienne.

C’est comme si à trente ans, je venais d’ouvrir les yeux pour la première fois sur ce que je mettais dans mon assiette.  Je savais comme tout le monde que le lait venait de la vache et le bacon du cochon,  mais ma réflexion s’arrêtait là.  Je n’avais jamais pris le temps de m’informer sur les conditions de vie des animaux de l’industrie ou sur le profit qui se cache derrière ce qu’on nous invite à consommer.  Je mangeais ce qu’on me disait de manger, ce que les publicités et le guide alimentaire me conseillaient.

L’industrie laitière est vraiment ce qui m’a le plus frappé.

Combien d’entres nous avons jugé les femmes qui allaitent leur enfant passé 2 ans?  Pourtant, nous consommons tous des produits laitiers, fabriqués avec le lait maternel de la vache.  Elle doit mettre un bébé au monde chaque année pour nous produire nos fameux produits laitiers.  Un bébé qu’on lui enlèvera à la naissance, qui sera nourri au biberon et qui finira au supermarché.

Je suis maman.  J’ai porté mes enfants 9 mois dans mon ventre, exactement comme la vache.  J’ai allaité 2 mois de peine et de misère. Imaginez si à la naissance, on vous enlevait votre enfant, puis vous passiez votre vie branché sur un tire-lait électrique.  Douleurs, saignements, mastites… La réalité des vaches laitières est loin d’être ce que je m’étais imaginé.

Ce qui se cache derrière la boucherie

On a tous la chance d’aller à l’épicerie ou chez le boucher acheter de la viande pré-emballée sans devoir enlever la vie à un animal de nos propres mains.  C’est aussi ce qui nous a fait perdre conscience des vies qu’on consomment.

Qui d’entre nous serait vraiment prêt à tuer de ses propres mains un animal avant de le vider de son sang, le nettoyer, enlever les poils ou les plumes et le faire cuire?  Quand j’ai commencé à m’informer sur les pratiques d’abattage et sur le traitement réservé aux animaux de l’industrie, je ne me voyais simplement plus consommer de viande.

Sans compter le fait qu’en se basant sur plus de 800 études, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la viande transformée  (Charcuteries, bacon, saucisses hot dog…) dans la catégorie des agents cancérogènes pour l’homme et les viandes rouges, incluant le porc et le veau comme «probablement cancérogènes».

9 mois plus tard…

Ça fait maintenant 9 mois que je suis végétalienne.

  • Je n’ai plus de migraines
  • Je déborde d’énergie
  • Je ne fais plus d’insomnie
  • Je me sens bien après chaque repas, jamais de lourdeurs
  • Je viens de faire un bilan sanguin complet et tout est impeccable
  • J’ai découvert une grande passion pour la cuisine végétalienne
  • Si mon budget est serré, je peux facilement faire une épicerie super économique
  • Le principal: Je respecte mes valeurs et contribue au bien-être animal et environnemental.  J’ai le sentiment de faire la bonne chose et ça m’apporte beaucoup de bonheur.

Je sais que ce n’est pas un changement facile à faire.  On me dit souvent  ‘Moi, je ne pourrais jamais arrêter de manger du fromage!’.  Croyez-moi, notre corps s’habitue rapidement aux nouveaux aliments qu’on consomme.  Je ne fais sincèrement plus du tout d’efforts pour m’alimenter ainsi et je ne me vois pas revenir en arrière.

Si je le pouvais, j’aimerais réussir à convaincre tout le monde de se donner le défi de supprimer la viande et les produits laitiers pour un petit deux semaines.  En 14 jours, j’avais déjà vu assez de changements pour me convaincre de poursuivre et ça a été une des meilleures décisions que j’ai prise de ma vie!